Qualité de l’air intérieur : pourquoi est-elle essentielle ?

L’importance de la qualité de l’air intérieur

Nous passons en moyenne 80 à 90 % de notre temps dans des espaces clos : logements, bureaux, transports, établissements accueillant du public. Or, l’air intérieur peut être 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur, selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur. Ce constat est encore plus vrai en période froide, lorsque les bâtiments sont davantage isolés et que les fenêtres restent fermées plus longtemps.

La qualité de l’air intérieur (QAI) influence directement :

  • le confort des occupants,

  • leur santé (maux de tête, irritations, allergies, troubles respiratoires),

  • leur performance et leur concentration au travail,

  • la durabilité du bâtiment (humidité, moisissures, dégradations).

Améliorer la QAI n’est donc pas seulement une question de bien-être : c’est un enjeu sanitaire, économique et technique. En tant qu’AMO Intairieur, je constate régulièrement que la ventilation et l’aération sont encore perçues comme secondaires, alors qu’elles constituent un pilier fondamental de la prévention des risques liés à l’air intérieur.

Pourquoi l’air intérieur se dégrade-t-il en hiver ?

Lorsque les températures baissent, notre réflexe est de fermer les fenêtres et de conserver la chaleur. Pourtant, c’est précisément dans ces conditions que la QAI se détériore le plus rapidement. Maux de tête, fatigue, baisse de concentration sont autant de signaux que nous rencontrons plus fréquemment en période froide.
La raison principale : l’accumulation de CO₂ et de polluants intérieurs.

Quatre facteurs aggravent ce phénomène :

1. La qualité de l’air extérieur.
Elle varie quotidiennement et influence directement la QAI.

2. Les sources intérieures de pollution.
Émissions de matériaux, mobilier, produits d’entretien, cuisson, chauffage, activités humaines…

3. Le fonctionnement de l’aération et de la ventilation.
En hiver, l’isolation très performante des bâtiments et la fermeture des fenêtres réduisent fortement le renouvellement naturel de l’air.

4. Les comportements des occupants.
Le chauffage, l’obturation des ouvrants, la forte occupation des espaces ou l’absence d’aération sont des habitudes courantes qui modifient la QAI.

Lorsque ces facteurs se cumulent, l’air devient rapidement confiné et l’humidité s’accumule, favorisant l’apparition de condensation ou de moisissures.

Le quiz Immolab, la bonne question à poser !

Il y a quelques semaines, j’ai remporté un quiz lancé par Immolab portant sur la QAI. La question était la suivante :

“D’après une étude de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, les logements récents sont-ils plus touchés par les moisissures ?”

A. Vrai
B. Faux
C. Ni l’un ni l’autre

Ma réponse : Vrai.

Ce résultat peut surprendre, mais il illustre parfaitement l’importance d’un renouvellement d’air maîtrisé.

Voici les éléments qui expliquent ce choix :

Fabienne TCHOULI QAI

 

  • Les logements récents disposent d’une isolation thermique renforcée.

  • Cette performance réduit les infiltrations naturelles d’air.

  • L’humidité produite par la vie quotidienne s’évacue donc moins facilement.

  • Lorsque la ventilation mécanique est inexistante, insuffisante ou mal entretenue, l’humidité augmente rapidement.

  • Ces conditions sont idéales pour le développement de moisissures.

 

Comment préserver une bonne qualité de l’air intérieur pendant l’hiver ?

Voici des pratiques simples et efficaces à mettre en place :

Aérer plusieurs fois par jour sur de courtes durées.
Une aération de cinq minutes permet de renouveler l’air sans refroidir excessivement le logement ou le bureau.

Utiliser une sonde de CO₂.
Elle aide à mesurer la qualité de l’air et à décider du moment optimal pour aérer, notamment lorsque les valeurs dépassent 800 à 1000 ppm.

Entretenir régulièrement la ventilation.
Nettoyage des bouches, vérification des débits, contrôle du fonctionnement : la performance de la VMC dépend de son entretien.

Veiller à ne pas bloquer les entrées et sorties d’air.
Une grille obstruée (par un meuble ou un rideau) limite fortement le renouvellement d’air.

Ces gestes permettent de maintenir une QAI satisfaisante, de réduire les risques de pollution intérieure et d’éviter les dégradations liées à l’humidité, tout en maîtrisant les consommations d’énergie.


Pour aller plus loin

Je poursuis actuellement mes recherches dans l’ouvrage La QAI pour les nuls, une référence accessible et pédagogique. Je partagerai prochainement plusieurs points clés tirés de cette lecture pour aider chacun à mieux comprendre la gestion de l’air intérieur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *