Lorsque l’on sort d’une école d’ingénieur, on a souvent le sentiment d’être prêt à affronter le terrain. Mais la réalité du métier nous apprend vite qu’une grande partie des compétences se construit au fil des projets, des rencontres, des erreurs aussi, et surtout de l’expérience accumulée au quotidien.
C’est exactement ce que m’ont appris mes cinq premières années dans le bâtiment et l’ingénierie durable..
Une entrée dans la profession façonnée par le terrain
Après mon diplôme d’ingénieur en génie civil obtenu à l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé en 2019, j’ai commencé ma carrière au Cameroun comme contrôleuse de chantier. Cette première année a été marquante : elle m’a confrontée à la réalité du terrain, à la rigueur des opérations, mais aussi aux défis d’évoluer dans un environnement où les femmes ingénieures restent encore rares.
Cette immersion m’a permis de comprendre qu’un ingénieur n’est jamais totalement “prêt” en sortant de l’école, et que le terrain est formateur.
Se spécialiser dans l’aménagement durable : le bilan à date ...
Animée par l’envie de contribuer à la construction réfléchiee t responsable de l’Afrique, j’ai poursuivi une spécialisation à CentraleSupélec Exed en aménagement et construction durables. Cette année m’a ouvert les portes des approches bas carbone, de l’urbanisme écologique, de la performance énergétique et des stratégies de résilience.
Elle a posé les bases de tout ce qui allait suivre dans ma carrière.
J’ai ensuite rejoint l’Atelier Franck Boutté Consultants, une référence en ingénierie environnementale. Pendant deux ans, j’ai découvert le bioclimatisme, la thermique, les matériaux innovants, les certifications et l’approche systémique d’un projet durable.
Cette première expérience en France a été décisive : elle m’a permis de développer une vision plus transversale, de travailler sur des projets exigeants, et d’acquérir une méthodologie plus poussée.
Depuis maintenant deux ans, je fais partie d’ECOME Ingénierie. J’y renforce mes compétences sur les sujets classiques du bâtiment performant et je découvre de nouvelles thématiques, notamment les énergies renouvelables, avec une attention particulière portée à la géothermie.
Cette étape représente une continuité logique : explorer d’autres dimensions de la transition énergétique et intégrer des solutions concrètes aux projets du quotidien.
Une conviction : on ne devient pas expert par les années, mais par l’attitude
Ces cinq années m’ont appris quelque chose d’essentiel : l’expertise ne repose pas uniquement sur le nombre d’années d’expérience, mais sur la façon d’aborder son métier. Rester curieuse, se documenter, faire de la veille, échanger avec d’autres professionnels, s’ouvrir à de nouvelles approches… voilà ce qui fait réellement progresser.
Nos métiers évoluent si vite que la formation continue n’est plus une option, mais une nécessité.
Ces “noces de bois” marquent un cap, mais sûrement pas un aboutissement. Même après cinq ans d’apprentissage intensif, j’ai l’impression que le chemin ne fait que commencer et qu’il me reste encore autant à découvrir qu’au premier jour.
C’est ce qui rend ce domaine passionnant : la possibilité d’évoluer en permanence et de contribuer à un secteur qui joue un rôle majeur dans la transition écologique.
Et vous ? Quelle est la leçon la plus précieuse que vous avez apprise depuis vos débuts professionnels ?
