Entre préjugés sociaux et stéréotypes bien ancrés, le parcours d’une femme dans les filières scientifiques est semé d’embûches. Depuis les bancs de l’école au bureau, il y a beaucoup de biais et d’habitudes intégrées dans la société qui ne facilite pas l’épanouissement des femmes qui souhaitent aller à contre-courant. Tout au long de mon cheminement, j’ai été confrontée à cette idée préconçue que les filières scientifiques étaient réservées aux hommes. Malgré les défis et les moments de doute, j’ai décidé de tracer ma voie et de m’affranchir des barrières de genre. Dans cet article, je partage mon expérience, du lycée aux études d’ingénierie, en passant par les challenges du monde professionnel.
Défier les normes et croire en soi
Tout au long de mon parcours scolaire, la phrase “Les filières scientifiques, ce n’est pas pour les filles” a résonné. En tant qu’étudiante, toujours parmi les meilleures de ma classe, l’envie de devenir professeur de mathématiques a émergé dès la 4ᵉ. Cependant, la proportion de filles intéressées par les métiers scientifiques semblait décliner, entre diktat social et choix délibéré des filles de l’époque. Malgré ces défis, j’ai toujours cru en ma capacité à réussir. La suite de mon récit expliquera comment, malgré les biais sociaux, je continue de progresser vers mes objectifs.
Je ne suis certainement pas la seule à avoir emprunté ce chemin, et je me souviens des journées portes ouvertes où des femmes partageaient les défis quotidiens, tant professionnels que personnels. Les discussions portaient sur l’équilibre entre vie familiale et travail, le sexisme et le fameux plafond de verre. Il semblait plus simple pour les filles de se cantonner aux filières C (coiffure, couture), comme le suggère la célèbre Bintou dans la BD populaire “Aya de Yopougon” de Marguerite Abouet. Le schéma était le même : ce ne sera pas facile, mais soyez ambitieuse et ayez confiance en vous.
Cette leçon a été rapidement intégrée, surtout parce que mes parents ne m’avaient jamais imposé de limites. J’ai été cireuse de chaussures à 9 ans, joueuse de handball, athlète, déléguée de classe et première de la classe, sans freins ni biais intégrés. Pour moi, il n’y avait aucune limite à ce que je pouvais faire, et je reste convaincue que c’est la première chose que les jeunes d’aujourd’hui, indépendamment de leur sexe, doivent intégrer dans leur subconscient.

Cependant, ma confiance en mes capacités a été quelque peu ébranlée en première et terminale C (scientifiques), où la concurrence était féroce. Je me rappelle avoir flanché lors de la première séquence de terminale, lorsque certains de mes camarades se sont ligués pour me déclarer la guerre pour l’accès au peleton de tête. “Aucune fille dans les cinq premiers !” m’avaient-ils affirmé. Submergée par la pression, les réflexes sociaux ont pris le dessus, mais j’ai réussi à me ressaisir pour la dernière ligne droite du baccalauréat. La compétition était riche, rude et intéressante, démontrant une fois de plus que les filières scientifiques ne sont pas exclusivement masculines. Avec un baccalauréat mention Très Bien en poche, j’ai dû découvrir la réalité de la formation d’ingénieure et du monde du travail.
Les aînées nous encouragent à garder confiance et à croire en nos projets. Les chiffres dans les écoles de formation ne sont pas en notre faveur. À Polytechnique, par exemple, il n’y avait que 30 filles sur 100 étudiants. En discutant avec des concurrents dispersés dans d’autres écoles préparatoires à travers le monde, le constat était presque similaire. Devenir ingénieure devenait de plus en plus difficile pour les femmes, moi-même ayant perdu mon rang de choix pour diverses raisons. Cependant, quelques-unes arrivaient toujours à rythmer le groupe, motivant celles d’entre nous qui les suivaient. Il restait vrai que les filles avaient leur place dans les dédales de l’epsilon, du gradient, et du théorème de Lejeune Dirichlet, pour n’en citer que quelques-uns.
Inspiration dans la vie active
Après avoir nourri l’ambition de devenir ingénieure, appris et fait des projections tout en gardant confiance, il est maintenant temps de faire face aux réalités de la vie active, la vraie vie. Pour cette étape, nous sommes en constant apprentissage, et il est impératif de s’inspirer du parcours d’autres femmes. Les retours d’expérience démontrent que le chemin ne sera pas facile, mais la détermination et la confiance en soi restent nos plus grands atouts. Entre la planification de la vie familiale, le sexisme, les préjugés et le manque de valorisation, la femme a bien des défis au quotidien. Ma propre expérience sur le chantier d’Eyang, en tant que seule femme loin de la ville, a été enrichissante et parfois dérangeante. Le doute est apparu au début, mais la confiance en mon projet professionnel a pris le dessus, me permettant d’adopter la bonne approche pour me faire une place sur le chantier et affirmer mon autorité compte tenu de mon poste. J’ai vraiment beaucoup appris de cette expérience, et j’espère qu’en partageant ces expériences, je pourrai armer toutes les futures femmes qui arrivent de confiance pour avancer dans l’accomplissement de leurs objectifs.

Mon parcours démontre que la confiance en soi et la détermination sont des alliés indispensables pour briser les clichés et réussir dans les filières scientifiques. Les défis persistants, du sexisme à la planification de la vie familiale, ne doivent pas décourager les femmes. En partageant mon expérience, j’espère inspirer les futures générations de femmes à affirmer leur place dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes. L’apprentissage est constant et le doute survient de temps en temps. Cependant, avec confiance et détermination, chaque femme peut s’épanouir et réaliser ses objectifs professionnels et personnels.
En conclusion : il faut la confiance et la détermination
En conclusion, mon parcours témoigne des obstacles rencontrés par les femmes dans les filières scientifiques, soulignant l’importance cruciale de la confiance en soi et de la détermination pour surmonter ces défis. Du lycée aux études d’ingénierie, j’ai dû lutter contre les préjugés sociaux et les stéréotypes de genre qui persistent dans notre société. Mon expérience personnelle révèle que la persévérance est essentielle pour réussir malgré les pressions extérieures.
Les femmes, bien que confrontées à des chiffres défavorables dans les écoles de formation et sur le terrain professionnel, continuent de s’imposer. Les récits partagés lors de journées portes ouvertes et les conseils des aînées montrent que la confiance en soi reste un atout majeur pour briser les clichés. Mon propre parcours sur le chantier d’Eyang, en tant que seule femme éloignée de la ville, a été source d’enseignements enrichissants.

Il est impératif d’encourager les générations futures, indépendamment de leur genre, à affirmer leur place dans des domaines qui les interessent. L’apprentissage est continu, les doutes peuvent survenir, mais avec confiance et détermination, chaque femme peut s’épanouir et réaliser ses aspirations professionnelles et personnelles. Il est essentiel de continuer à remettre en question les normes sociales et de promouvoir l’égalité des sexes (droit et chances).

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